Robyn Benson, PSAC

Les employés jetables : un avenir incertain


Bonne et heureuse année!

Si la météo est un indicateur de ce qui nous attend, 2014 sera une année rigoureuse. À Winnipeg, il a fait aussi froid que sur Mars au début de janvier! Le pire, c'est que bien des gens doivent dormir dans la rue par ces nuits glaciales.

Combien d'autres personnes, vivotant sur des salaires de misère, risquent de se retrouver dans la même situation du jour au lendemain?

L'assurance emploi? Un chômeur sur cinq n'y a pas droit parce qu'il ne répond pas aux critères d'admissibilité, qui sont de plus en plus stricts. Pourtant, tous les travailleurs et travailleuses contribuent à ce fonds.

Les plus durement touchés, ce sont les Canadiennes et les Canadiens qui ont des emplois temporaires, à bas salaire et sans avantages sociaux. Et ils sont de plus en plus nombreux. À Hamilton et dans le grand Toronto, par exemple, la moitié des travailleurs ont un emploi précaire.

Quel avenir réserve-t-on aux travailleuses et travailleurs? Le chômage à long terme est à la hausse. Le taux de chômage chez les jeunes est élevé. Les compagnies, obnubilées par leur rentabilité, abusent des stages non rémunérés. Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement Harper, le Programme des travailleurs étrangers temporaires bloque l'accès de travailleurs canadiens à des emplois. Où cela nous mènera-t-il? Dans quelle société nos enfants vivront-ils?

Et pour vous, qui travaillez à la fonction publique, quelles sont les répercussions?

Vos milieux de travail ont changé. Il y a beaucoup plus d'emplois précaires qu'avant, et vous pourriez être le prochain touché.

Cela a commencé avec le recours aux agences de placement temporaire. On a rapporté, récemment, qu'un travailleur temporaire sur cinq restait à la fonction publique plus d'un an. En 2013, près de la moitié des travailleurs nouvellement embauchés provenaient d'une agence de placement. (Signalons que ces personnes n'ont pas droit aux mêmes salaires et avantages sociaux que les fonctionnaires.) La plupart travaillent pour des compagnies non syndiquées, qui les placent chez l'un ou l'autre employeur, selon les besoins. À la fonction publique, où l'on coupe des postes à qui mieux mieux, on invoque deux raisons pour justifier l'embauche de contractuels : la surcharge de travail et la pénurie de personnel. Ironique, non?

Quelques travailleuses et travailleurs temporaires ont réussi à décrocher un emploi à la fonction publique, permanent ou non, mais ce nombre est en baisse puisque le nombre total d'embauches a chuté. Résultat : beaucoup moins de possibilités de décrocher un emploi à la fonction publique.

Ces travailleuses et travailleurs ont, comme vous et moi, des rêves et des espoirs. Aujourd'hui, leur avenir est plus qu'incertain.

Les emplois d'une durée déterminée ont aussi beaucoup transformé les milieux de travail. Vous occupez un tel poste? Alors, vous connaissez le sens de « travail précaire ». Heureusement, grâce aux efforts de nos équipes de négociation, vous bénéficiez aujourd'hui de la plupart des droits et des avantages consentis aux travailleurs nommés pour une période indéterminée qui sont couverts par votre convention collective. Il vous manque toutefois la sécurité d'emploi. Selon les règles établies à la fonction publique, si vous occupez un tel poste pendant trois ans, vous accédez à la permanence. En théorie, du moins, car les ministères et les agences peuvent faire des exceptions. Ainsi, votre service ne s'accumulera plus si on décide en haut lieu qu'il pourrait y avoir réaménagement des effectifs à l'avenir (voir l'article 7.2 de la Politique sur l'emploi pour une période déterminée du Conseil du Trésor). Les ministères exploitent allègrement cette échappatoire.

Enfin, il y a tous ceux et celles qui ont reçu un avis « d'employé touché ». Les compressions à la fonction publique ont fait grimper le taux de chômage. Vivre dans l'angoisse de perdre son emploi, c'est stressant, surtout lorsque le gouvernement s'évertue à rendre le processus aussi pénible que possible. Chose certaine, se retrouver au chômage est bien pire.
Si je dresse un portrait aussi sombre de la situation, c'est que je veux attirer votre attention sur une tendance lourde. Depuis leur arrivée au pouvoir, les conservateurs ont mis en place des politiques qui transforment le Canada en un vaste bassin de travailleurs « jetables ». Les syndicats peuvent renverser la vapeur, mais pas seuls.

D'aucuns affirment que les syndicats ne devraient pas se mêler de politique. Que faire d'autre alors que le gouvernement ne se gêne pas, lui, pour se mêler de syndicalisme en voulant faire adopter des projets de loi antisyndicaux?

Le temps est venu pour les syndicats et leurs alliés du mouvement citoyen de faire front commun. Il faut se mobiliser. Il faut en finir avec les conservateurs. À nous de jouer : en 2014, unissons nos forces!


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This page contains a single entry by Robyn Benson, PSAC published on January 9, 2014 8:35 AM.

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