Robyn Benson, PSAC

Les anciens combattants méritent mieux





Ces jours-ci, quand j’entends le gouvernement Harper clamer le slogan « Appuyons nos troupes », je me sens à la fois triste et en colère. La façon dont il traite les anciens combattants est totalement disgracieuse. C’est une honte, un scandale! Et c’est de pire en pire.

Les anciens combattants sont des femmes et des hommes courageux qui ont fait de nombreux sacrifices pour servir notre pays. Malheureusement, ils n’ont pas tous eu la chance de revenir au bercail en pleine forme. On leur avait promis de l’aide et des avantages.

Mais tout cela a changé.

Aujourd’hui, au lieu d’un système de pension à vie, c’est une Charte des anciens combattants qu’on leur offre. On devait d’ailleurs la modifier en 2011 pour corriger des lacunes flagrantes, mais l’ombudsman des vétérans, Guy Parent, n’est pas impressionné par les changements apportés. Il vient d’ailleurs de publier un rapport dans lequel il compare les avantages accordés aux anciens combattants en vertu de l’ancien système et ceux prévus dans la nouvelle Charte. Et les constats qu’il fait ne sont pas réjouissants.

Les conséquences de la Charte seront particulièrement désastreuses pour les anciens combattants les plus sévèrement handicapés, et ils sont des centaines. Lorsqu’ils atteignent 65 ans, on leur enlève leurs avantages, ce qui signifie que plusieurs d’entre eux termineront probablement leur vie dans la pauvreté. Et leurs survivants ne sont pas épargnés.

On pourrait remédier à cette situation assez rapidement, puisque le nombre de personnes touchées n’est pas si élevé. Mais ce n’est pas tout. M. Parent souligne d’autres failles sérieuses dans cette Charte, qui touchent un plus grand nombre d’anciens combattants. Les paiements forfaitaires qui remplacent les pensions sont inadéquats. Le montant de l’indemnité accordée pour les préjudices et les souffrances causés n’est même équivalent aux sommes accordées par les tribunaux canadiens pour une blessure corporelle. Et c’est sans compter que l’on continue de restreindre indûment l’accès aux avantages.

Au même moment, les services offerts aux militaires malades ou blessés qui reviennent d’Afghanistan sont nettement sous-financés. L’Unité interarmées de soutien du personnel a été mise sur pied précisément pour accomplir cette tâche complexe et difficile, mais elle n’est aucunement en mesure d’offrir des services aux nombreux militaires qui en ont besoin.

Et maintenant, les anciens combattants n’ont plus qu’à attendre la fermeture de neuf bureaux d’Anciens Combattants Canada au pays, de Corner Brook à Prince George, d’ici la fin février. Dans ces bureaux, nos membres au Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants offrent aux vétérans et à leur famille des services de première ligne dont ils ont absolument besoin; ils se rendent aussi à leur domicile lorsque cela est nécessaire. Ils les aident à s’adapter au rythme de la « vraie vie » et aussi à remplir les formulaires requis pour conserver les avantages auxquels ils ont droit. Nos membres les aident également à obtenir un soutien essentiel auprès de la communauté.

Hier, j’ai eu le privilège de prendre part à une conférence de presse organisée pour dénoncer ces fermetures. Des anciens combattants et des intervenants de première ligne y ont pris la parole - vous entendrez certains d’entre eux dans la vidéo ci-dessus. Prenez le temps de les écouter. J’ai appris beaucoup en les écoutant, même si on préférerait entendre autre chose.

Qu’est-ce qui attend les anciens combattants qui ont besoin des services offerts dans les neuf bureaux qui sont dans la mire du gouvernement? C’est vrai, ils peuvent téléphoner à un centre d’appel privatisé de Service Canada, où les employés ne connaissent pas les programmes destinés aux anciens combattants. Et, comme l’ont rapporté nombre d’entre eux, ils finiront par laisser tomber, épuisés d’attendre en ligne de parler enfin à quelqu’un qui saura leur répondre.

Ils pourraient aussi se rendre à un bureau de Service Canada, où on leur demanderait d’utiliser une borne libre-service. Mais les anciens combattants les plus âgés ne sont pas habitués aux ordinateurs, et on ne leur offre aucune aide pour remplir les longs formulaires en ligne.

Ou ils peuvent choisir de conduire sur une distance de 1 100 kilomètres pour se rendre au bureau d’Anciens Combattants le plus près. Combien d’anciens combattants blessés ou malades ont la capacité de faire ça?

Le gouvernement justifie ces fermetures en invoquant la baisse du nombre de vétérans de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Mais 680 000 anciens combattants et membres actuels des Forces canadiennes n’ont jamais servi pendant la Deuxième Guerre. Et près de 10 % d’entre eux ont un handicap. Il va sans dire que leurs besoins augmenteront avec l’âge. Déjà, le ministère des Anciens Combattants [a supprimé 470 emplois et prévoit réduire son personnel de 25 % d’ici 2015.

Les commentateurs et les éditorialistes ne sont pas tendres avec le gouvernement. Les gens réalisent de plus en plus qu’il faut agir, et vite. Lorsqu’il s’agit de nos anciens combattants, nous sommes tous concernés; il ne devrait pas être question de parti pris, ni de confrontation. Il est temps de nous tenir debout, ensemble.


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